Première européenne pour Vaiot sous stricte surveillance

Première européenne pour Vaiot sous stricte surveillance


«Il faut se replacer dans le contexte: nous sommes en 2018, je sais que le temps presse parce que la compétition est mondiale. Comme j’ai une relation particulière avec le Luxembourg, j’ai écrit au régulateur de la place financière pour demander s’il était possible d’imaginer une émission de jetons comme celle que nous imaginions. La réponse très longue et détaillée m’a convaincu que non. Et nous nous sommes tournés vers Malte. » Cofondateur et un des directeurs de la start-up maltaise
Vaiot.ai,
Christoph Surgowt sait que l’exercice n’est pas plus facile pour autant.

Car en juin 2018, le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a fait adopter trois lois, sur les cryptomonnaies, la blockchain et le registre distribué. Trois lois qui sont elles-mêmes regardées avec attention dans le cadre de l’adaptation du cadre réglementaire européen.

Devant les Nations unies, trois mois plus tard, le chef du gouvernement de la petite île désormais baptisée «Blockchain Island» assure que «la blockchain fait des cryptomonnaies l’avenir inévitable de l’argent, plus transparent, car elle permet de filtrer les bonnes entreprises des mauvaises entreprises. »

«C’est exactement ce que nous voulions, être régulés», explique l’ancien salarié de SES-Astra pendant 15 ans au Luxembourg. «Et pourtant, cela nous coûte de l’argent et de l’énergie. Au moins deux audits complets par an, un financier et un technologique, et une surveillance d’un auditeur désigné par le gouvernement maltais, Grant Thornton. Et nous devons avoir un responsable du reporting blanchiment d’argent au sein de la société. C’est précisément à cause de cela que les maltaises ont reçu plus de 340 candidatures à un statut comme le nôtre! »

Après le feu vert du Régulateur maltais en septembre dernier, le premier «actif financier virtuel» maltais, le Vaiot Token, a été ouvert au public en février dernier pour 2,5 millions de jetons représentant 250 000 euros. Au total, 400 millions de jetons seront émis au fur et à mesure des développements, cinq sont aujourd’hui en circulation et la capitalisation avoisine les 10 millions d’euros.

Le token de Vaiot permet à la fois d’acheter des services à venir et d’être échangé sur des plateformes d’échange (CoinGecko, KuCoin, Gate.io et Bilaxy) depuis le début du mois et a reçu les honneurs de CoinMarketCap ce lundi.

De quels services parle-t-on? La start-up a développé, à partir d’IBM Watson, une intelligence artificielle qui s’appuie sur la voix pour proposer des services dans l’assurance, le juridique ou dans l’e-commerce. Ces futurs assistants vocaux sont encore en mode bêta et devraient être lancés d’ici la fin de l’année.

Coup sur coup, la start-up a annoncé deux accords. Le premier,
fin février
, avec un de ses actionnaires historiques, Geert Vanhalst, pour son Supra Bazar. L’enseigne belge, qui dispose de cinq magasins physiques, permet ainsi de vendre ses produits via la voix. À partir des informations demandées par le «robot», celui-ci trouve la meilleure offre pour un client donné.

Et le 13 avril, la start-up a annoncé avoir convaincu une autre plateforme futuriste, Zelwin, de l’entrepreneur russe Nikolay Shkilev. Cet Amazon ou Alibaba des temps modernes permet d’acheter des biens de tout type… et de recevoir des jetons de Zelwin comme du cash-back, à redépenser sur la plateforme ou à échanger.

Le futur du financement de projet et des échanges avance de concert avec le futur du commerce.

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